Patrick Delarive investit le quart de son temps dans le cannabis légal

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Patrick Delarive investit le quart de son temps dans le cannabis légal

Patrick Delarive ajoute une corde de chanvre à son arc. Actif dans de nombreux secteurs, de l’immobilier à la culture, l’homme d’affaires vaudois se met au cannabis légal (teneur en THC inférieure à 1%), une activité qui l’occupe déjà le quart du temps: «Il y a là une belle opportunité, mais aussi un nouveau métier pour moi. Nous avons investi quelques millions de francs dans cette affaire et nous continuerons.» Avec quatre amis, il a fondé, l’an passé, le groupe Babylone Sciences, à Clarens, dans le but de développer des produits à base de CBD (le cannabidiol, l’un des principes actifs présents dans le chanvre avec le THC) pour l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique. «Le CBD à fumer n’a pas d’avenir, martèle Patrick Delarive. Et nous ne voulons pas nous lancer dans une guerre qui aura pour effet d’augmenter les volumes, de baisser encore les prix et la qualité. Notre créneau, c’est le bien-être et la santé.»

Sa société Avengarde – une quinzaine d’employés – a aménagé 1600 m2 de plantations indoor lourdement équipées en installation de lumière et de ventilation dans la région de Vevey. Par souci de qualité. Les locaux abritent cinq salles de floraison, une de séchage et une nursery où poussent les boutures de cannabis prises sur les plantes mères. La première récolte, au printemps 2018, a donné 45 kg de fleurs séchées. La production s’élève aujourd’hui à 1,4 tonne, dont les trois quarts sont revendus à des grossistes et le solde par le biais d’Internet, au prix de détail de 12’000 francs le kilo. Les recettes servent à couvrir les frais d’exploitation et, surtout, à investir pour le futur.

«Nous avons une vision à long terme et recherchons la valeur ajoutée», relève Cédric Rimella, associé et CEO de la société. Dans cette perspective, Avengarde met en place une installation d’extraction pour produire du concentré de CBD, la substance de base à tous les produits, selon le label GMP (Good Manufacturing Practice) servant de standard dans l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire. L’investissement dépassant le million de francs sera vite amorti: le concentré de CBD se négocie autour de 10’000 francs le kilo sur le marché. L’entreprise propose déjà des produits de nutrition, de soins, de beauté et même des stylos vaporisateurs, contenant du CBD en provenance des États-Unis.

«Nous testons le marché, confie Patrick Delarive. Il s’agit d’identifier les besoins et les articles à base de CBD à fournir. Mais, à coup sûr, ils garniront sous peu les étalages de tous les commerces, drogueries et pharmacies. Nous sommes en discussion avancée avec des groupes de l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique pour créer des articles semi-finis et de grande consommation.»

Parallèlement, Babylone Sciences est actif dans la recherche sur les effets du CBD, contre l’épilepsie ou encore sur le neurodéveloppement de cerveaux des nourrissons, en collaboration avec Philippe Ryvlin, chef du Département des neurosciences cliniques du CHUV, et des spécialistes canadiens. Le groupe œuvre encore de pair avec la Société suisse de nutrition (SSN). «Aujourd’hui, il n’y a guère plus que 20% des consommateurs de CBD qui le fument dans un but récréatif, analyse Cédric Rimella. La très grande majorité l’utilise pour ses vertus calmantes, antistress, analgésiques voire antidépressives. Il s’agit donc maintenant de savoir comment l’administrer pour qu’il déploie au mieux ses effets bénéfiques, sans nuire à la santé, comme c’est le cas de la combustion inhérente à la fleur à fumer. De la sorte, nous voulons répondre à des questions scientifiques, mais aussi de société.»

Dans les hangars des hauts de Vevey, Pascal Neuschwander, chef de production, veille avec soin et calme sur les plantes. Mais il pressent une évolution rapide: «La Suisse est à l’avant-garde sur le marché du CBD. Bientôt, ce produit va se hisser au rang du chocolat et des banques.» C’est ce que pensent aussi les investisseurs désireux d’entrer dans le capital de Babylone Sciences. «Près de dix nous ont sollicités, confient Patrick Delarive et Cédric Rimella. Ce qui tombe bien, nous allons mettre un coup d’accélérateur sur le marché suisse et à l’étranger.» En attendant, un accord exclusif a été conclu avec Mary’s Nutritional pour le développement de produits cosmétiques sur le marché européen. (Le Matin Dimanche)

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